Révolution

Tous les jours nous lisons que des actes épouvantables sont commis dans le monde, comme conséquence de la violence de l’homme. Vous pouvez dire : « Je n’y peux rien » ; ou : « Comment pourrais-je influencer le monde? » Je pense que vous pouvez l’influencer considérablement si, en vous-même, vous n’êtes pas violents, si vous menez réellement, chaque jour, une vie paisible, non compétitive, une vie sans ambition ni envie, qui ne crée pas d’inimitiés. De petits feux peuvent devenir un brasier.

Nous avons réduit ce monde à un état de chaos par nos activités égocentriques, par nos préjugés, nos haines, nos nationalismes, et lorsque nous disons que nous n’y pouvons rien, nous acceptons le désordre en nous-même comme étant inévitable. Nous avons brisé ce monde en morceaux et si nous-même sommes brisés, fragmentés, nos rapports avec le monde le seront également. Mais si, dans nos actions, nous agissons totalement, nos rapports extérieurs subiront une formidable révolution.

Il nous faut une quantité énorme d’énergie pour comprendre la confusion dans laquelle nous vivons, et le sentiment : « je dois comprendre », engendre la vitalité nécessaire à cet effet. Mais explorer, chercher, exige du temps et se déconditionner graduellement l’esprit n’est pas le bon moyen. Le temps n’est pas la voie à prendre. Que nous soyons vieux ou jeunes, c’est « maintenant » que tout le processus de la vie doit être élevé à une autre dimension.

Rechercher le contraire de ce que nous sommes n’est pas non plus le moyen, ni aucune des disciplines artificielles imposées par des systèmes, des maîtres, des prêtres, des philosophes – tout cela est si puéril! Lorsque nous nous en rendons compte, nous nous demandons s’il est possible de transpercer immédiatement ce lourd conditionnement des siècles, sans entrer dans un nouveau conditionnement, s’il est possible d’être libre de telle sorte que l’esprit soit tout entier neuf, sensitif, vivant, conscient, intense, efficient. Voilà notre problème. Aucun autre problème n’existe, parce qu’un esprit libre peut les résoudre tous. Voilà la seule question que nous ayons à nous poser.

Mais nous ne la posons pas. Nous demandons qu’on nous instruise. Une des caractéristiques les plus curieuses de la psyché est ce désir de se faire instruire, conséquence de dix mille années de propagande. Nous voulons que notre façon de penser soit confirmée et corroborée par autrui, tandis que poser une question c’est se la poser à son propre sujet.

Ce que je dis a très peu de valeur. Vous l’oublierez aussitôt que vous [finirez cette page], ou vous vous souviendrez de certaines phrases, ou encore vous comparerez ce que vous avez lu ici avec ce que contiennent d’autres livres. Mais vous n’affronterez pas votre propre vie, vous-mêmes, vos petitesses, votre existence creuse, votre brutalité, votre violence, votre avidité, votre ambition, vos affres quotidiennes, votre douleur sans fin. C’est tout cela qu’il vous faut comprendre et personne sur terre ou au ciel ne vous en délivrera, si ce n’est vous-mêmes.

extrait du livre Se Libérer du Connu, Jiddu Krishnamurti

lire l’article sur le 11-Septembre

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