Bursa

Il aura fallut du temps mais nous y voila, nous quittons Istanbul.

Pour reprendre la route en douceur, nous optons pour la solution facile : quitter la mégalopole en bus, puis en bateau pour traverser le petit bras de mer qui nous sépare de la route pour le sud du pays. Le soir même, nous arrivons à Bursa, capitale historique du pays du temps de l’empire Ottoman.

Comme on ne change pas une équipe qui gagne (et à ce jeu, nous sommes très fort) nous avons tout de suite ré adoptés la bonne vieille habitude qui consiste à ne chercher un logement que la veille pour le lendemain, en pleurant sur les bottes des Couch Surfers parce que nous n’avons pas pu faire autrement parce que la vie de routard c’est trop difficile et que les connexions internet ne se trouvent pas sous les roues des camions. Bref…
On ne peut pas gagner à tous les coups, cette fois là personne n’a répondu à nos requêtes, ni avant, ni après notre départ (un blâme pour les couch surfers de Bursa).

Nous arrivons donc dans une ville parfaitement inconnue, à 1h du matin, sans logement, sans plan, notez que nous aurions aussi bien pu arriver sans chemise ni pantalon vu la chaleur qu’il faisait. Après avoir déambulés quelques minutes, nous nous faisons aborder par deux jeunes en voiture avec lesquels nous engageons la conversation habituelle : vous venez d’où, vous allez où, vous faites quoi, et pourquoi, on vous aime bien, on va vous aider, montez on vous dépose où vous voulez. Vous ne savez pas où dormir? Pas de problème, je connais un parc sympa, on vous y emmène. Ni une, ni deux, le type nous conduit façon Starsky et Hutch au Kültür Park de la ville, nous souhaite une bonne nuit et a tchao bonsoir! On se regarde en souriant, ils sont sympas quand même ces turcs, une petite bière? Il y a un shop juste derrière, bonne idée tiens, et mon appareil photo il est où?

Dans la voiture?


Un p’tit whisky?

Les trois jours qui ont suivis ont été un poil chaotiques, bien que nous ayons su nous tenir à l’abri des tracas, et la ville de Bursa nous réservait en réalité plein de bonnes surprises. Après notre « nuit » dans le parc, réveillés aux aurores par les employés qui voulaient nous éviter la douche des arroseurs automatiques, nous sommes partis découvrir les alentours. Dans les petites rues avec nos gros sacs, nous nous faisions interpeler tous les 50m par des types assis à l’ombre des immeubles qui nous offraient des thés à n’en plus finir. Dans le dédale des marchés nous faisions sensations, même l’élu du parti socialiste qui faisait sa campagne au même moment n’a pas été prit plus souvent en photo que nous!

A la fin de notre première journée, nous avons été invités à nous asseoir dans un café où des gens jouaient des musiques traditionnelles turques en buvant des çay. Un monsieur a voulu nous inviter à dormir chez lui mais sa femme à catégoriquement refusé d’héberger un couple non marié… Raccompagnés à notre parc par deux jeunes islamiques, l’un d’eux a tenté de nous ramener sur la voix du salut en nous expliquant que tels que nous étions nous finirions en enfer, qu’il nous fallait dès maintenant arrêter de boire de l’alcool, enlever nos chaussures et aller prier Allah pour implorer son pardon et sa protection. Une bière à la main nous lui avons gentiment expliqué qu’il était déjà certainement trop tard pour nous, que nous étions ok avec ça et qu’il ne devait pas se faire trop de soucis mais le bougre n’en démordait pas et il aura fallut que son ami lui rappelle l’heure qu’il était pour qu’il accepte enfin de nous lâcher et de rentrer chez sa maman.

Les fanatiques partis, à peine avions nous déplié notre campement de fortune sur la tendre pelouse qu’un groupe de securitas nous a abordé. Nous nous voyions déjà expulsés de notre refuge, au lieu de ça les types nous ont expliqués que cela pouvait être dangereux pour nous de rester dans l’obscurité et qu’il serait plus sûr de nous rapprocher de leur bureau pour qu’ils puissent nous protéger en cas de problème. Le lendemain à 6h pétantes, ils sont revenus nous chercher pour nous offrir le petit déjeuner! Ils sont forts ces turcs. Cengiz, qui était le seul à parler anglais, est resté avec nous après son service. Tandis que nous cherchions des couchsurfers pour la ville suivante, ce gentil garçon a lui aussi essayé de nous convaincre de la bienveillance de son dieu, de façon bien moins virulente que son homonyme de la veille certes mais enfin, un peu plus de modération dans la ferveur aurait été bienvenue. On se retrouve vite avec des discours du genre : « je ne cherche pas à te convertir mon ami, c’est une simple conversation, mais si tu ne crois pas en Allah tu finiras en enfer, je veux le salut de ton âme, essayes et tu verras! » Malgré ce léger différent, Cengiz nous a assuré que nous pouvions revenir passer la nuit dans le parc si nous avions besoin.

En fin d’après midi, nous étions de retour sur notre vert matelas avec deux bouteilles de bières pour parfaire notre image de gentils clodos. A un moment deux policiers sont passés et se sont arrêtés à notre hauteur pour nous expliquer que nous n’avions pas le droit de boire dans le parc. Comme nous étions sympas et que nous avions pris l’initiative de nous asseoir dans un coin reculé, ils nous ont simplement dit que nous pouvions finir nos bières ici et que si d’autres policiers passaient nous ne devions pas mentionner leur intervention… Oui monsieur l’agent. Merci monsieur l’agent. Bonne journée monsieur l’agent.

Après la tombée de la nuit, nous avons décidés de retourner là où les securitas nous avaient installés la veille, pour notre sécurité. Et en chemin, qui c’est y pas qu’on croise? Alors? Des idées? Mais! Les mecs de l’appareil photo pardi!! Ils nous reconnaissent, on se serre les pinces, ils nous expliquent que cela fait deux jours qu’ils sont à notre recherche, ils nous invitent à les suivre pour récupérer l’appareil et nous offrir un café, c’est la moindre des choses. C’est ainsi que nous avons fait la connaissance de Samet, un jeune homme plein d’énergie et de bagou qui devait aller à Antalya pour parfaire sa formation de barman. Adepte de l’autostop, il propose que nous fassions la route ensemble, puisque c’est notre direction. Deux heures après nous étions pris par un camion qui nous a déposé, à 5h du matin, dans la petite ville de Balikesir où nous attendait Melike.

Après une courte nuit, les deux amis nous ont emmenés dans une bourgade où nous avons pris notre premier bain de mer. Le lendemain Samet a finalement dû retourner à Bursa et c’est donc sans lui que nous avons fait la route jusqu’à Izmir, où nous attendait cette fois là un couch surfer…

aller à Bodrum

aller en Cappadoce

vue d’ensemble sur la Turquie

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