Poznan, ville rock’n’roll


Nous voilà arrivé en Pologne. Après être sorti de Berlin, ce qui nécessite à peu près 1heure de transport, nous avons levé le pouce sur le bord de la route en direction de la frontière. Un polonais s’est arrêté pour nous, qui ne parlait pas un mot d’anglais, pas plus de français, et deux trois mots en espagnol… Ils étaient deux dans la voiture. Au fur et à mesure de notre progression, tout autour de nous devenait de plus en plus sombre et délabré, seul régnait dans la voiture le polonais et une agressive radio allemande. Vincent et moi ressentions un sentiment angoissant d’insécurité, de doute, l’incertitude de l’incompréhension. J’avais dans la tête la peur de ce qui pourrait arriver, et si ces mecs nous voulaient du mal, si les choses tournaient vinaigre…

Alors le soleil est revenu, le paysage s’est éclairci, de jeunes daims broutaient dans les champs autour et le calme est revenu dans ma tête. Nous avons quelques cigarettes, un morceau de chocolat, et après un peu plus d’une heure le gars nous a déposé sur une petite route, près d’un bled paumé, et nous avons réalisé qu’il nous avait en fait mené bien loin de notre route initiale (ce qui expliquait les signes qu’il faisait pour tenter un semblant d’explication quant à sa direction…)

La minute d’après un jeune soldat nous embarquait dans l’autre sens. Il baragouinait trois mots d’anglais, la conversation n’était pas aisée mais juste assez pour comprendre qu’il revenait tout juste d’Afghanistan, qu’il aimait le rock, la guitare et la peinture à l’huile, qu’il allait retrouver sa copine et qu’il voulait partir avec elle à Paris pour y trouver du boulot. Après ça il nous a déposé à Sulecin, ce qui nous avait finalement fait parcourir 150km en 4heures…

Il faisait nuit, il nous fallait trouver un endroit pour poser notre tente et dormir un peu. A tâtons, nous avons longé une route bordée d’une forêt. Quelques kilomètres plus loin nous avons croisé un chemin qui s’enfonçait dans la forêt et avons décidé de le suivre. Mais il faisait tellement sombre, Vincent avait peur, je n’étais pas très rassurée non plus, du coup nous sommes restés sur le bord, dans un petit renfoncement entre quelques touffes d’arbrisseaux et la route. Il n’y avait que nous, le noir, le silence plein de bruits inconnus survenant de temps à autre, le grincement des branches dans le mouvement d’un léger souffle, semblable à une petite plainte, les camions fonçant à vive allure vers un point que nous ne connaissions pas encore. J’ai pu trouver le sommeil facilement, forte je suppose de mon expérience en Tasmanie. Vincent appréhendait chaque bruit et n’a pas beaucoup dormi.

Le lendemain, dérangé par une voiture stoppée juste devant notre tente, nous avons repliés les affaires tout en découvrant au fur et à mesure que nous avions choisit comme nid d’une nuit un coin plein de préservatifs usagers et de prostituées en attente d’un conducteur en mal de chaleur humaine…

Nous avons relevés les pouces plus loin, sur la bande d’arrêt d’urgence d’une autoroute. Un tchétchène s’est arrêté pour nous, manquant tout juste de provoquer un accident. Au premier abord il faut avouer qu’il n’avait pas une dégaine très rassurante… Le visage très marqué, creusé, mal rasé, quelques dents manquantes ayant été remplacées par de fausses dents en plaqué or (un vrai de vrai quoi), mais finalement il était vraiment sympathique, souriant, généreux, et il tentait malgré la gêne linguistique d’avoir un semblant de discussion avec nous. Il nous a offert un café, donné son adresse si nous voulions venir le voir en Tchétchénie ou en Pologne, et nous a déposé à quelques kilomètres de Poznan, notre point de chute.

Notre dernier lift fût avec un gros producteur de tomate, le plus important de Pologne apparemment, qui a passé le plus clair de son temps scotché à son iPhone. Au moins il nous a laissé en plein centre ville, ce qui était plutôt bon pour nos affaires à nous.

Nous avons retrouvé Lionel, un ami de Vincent venant tout juste d’amménager chez sa copine Ala, polonaise et nouvellement dentiste. Nous découvrons gentiment la jolie petite ville de Poznan, la culture polonaise, la vie incroyablement peu chère, la vie de nabab, et nous nous sommes même lancé dans l’apprentissage de quelques mots basiques en polonais…

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