En route pour la Turquie

A Athènes, nous nous étions mis en tête de trouver un bateau pour traverser le bras de mer qui nous séparait de la Turquie. Nous avons donc passé une journée sur les ports, d’abord celui des ferries puis celui des yachts, oui madame, à la recherche de quelqu’un qui accepterait de nous aider. Peine perdue, la saison était passée et tous ces beaux bateaux subissaient leur grand nettoyage d’automne pour passer l’hiver au port. Epuisés par notre quête, nous avons fait une petite sieste sur le port, bercés par le grincement des cordages, avant de repartir chercher un endroit où passer la nuit.

Le lendemain fut une journée de merde, et encore je pèse mes mots. Nous avons parcouru des kilomètres et des kilomètres à pied, stoppés pendant des heures sans résultats, sortir d’Athènes fut une grande épreuve, nous avons fini par en conclure que le grec n’aimait pas trop les autos stoppeurs. Dans un dernier sursaut nous avons levé le pouce sur l’autoroute, un type s’est enfin arrêté. Nous avons un peu discuté de la manif, lui-même y avait participé très activement, c’est d’ailleurs lui qui nous a dit que lui et ses petits camarades venaient essentiellement pour se battre avec les flics (référence à l’article sur la journée nationale à Athènes). Après quelques kilomètres, il nous a déposé à l’endroit où allait nous arriver l’expérience la plus étrange de notre voyage jusqu’à maintenant…

Le poste où le bougre nous a laissé était un des nombreux péages désaffectés du pays. Au lieu de ralentir, ce qui nous aurait permis d’avoir le temps d’attirer leur attention et à eux de s’arrêter pour nous embarquer, tous ces pauvres tarés d’automobilistes passaient au travers des passages ouverts à toute allure. Avec ça la nuit tombait, et nos espoirs avec. Au milieu de nulle part, sans même assez d’argent pour se payer les quelques bus qui passaient, nous avons dû envisager de passer la nuit là… Dans notre malheur, qui était complet car nous n’avions même rien à manger, la chance, encore une fois, nous a sourit. Dans les péages il y a bien sûr les petites cabines des gens qui collectent l’argent, et l’une d’elles était ouverte. C’est donc là, entre de vieux mégots et une boite de mort-aux-rats, que nous avons installé notre campement. Certes il n’y avait pas l’eau courante et nous aurions bien cassé la croûte mais nous avions l’électricité et un petit seau pour faire pipi. Ne dites pas que c’est pathétique, nous nous sommes tous retrouvé un jour dans une situation humiliante parce que nous n’avions pas le choix, ne dites pas non, ce n’est pas sale. Nous avons regardé des films pour nous changer les idées, avant de nous endormir bercés par les camions qui nous frôlaient en passant.

Le lendemain, levés à l’aube, on est pas des lavettes, nous avons trouvé l’homme qui nous a fait oublier toutes les misères de la veille. Nous avons parcouru dans l’autre sens la route d’Athènes à Thessaloniki, admirant les beaux paysages de Grèce, la mer, les champs d’oliviers, la terre presque rouge, et ma rencontre avec le Mont Olympe. Notre chauffeur nous a conduit jusqu’à Kavala, un joli village au bord de la mer.

Depuis nous parcourons doucement mais sûrement la route qui nous conduira bientôt en Turquie. Le chemin n’est pas aisés, les grecs font les difficiles, bien que les rares qui nous prennent en voiture soient d’une grande gentillesse.

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