Belgrade

Szeged, et cela avait motivé notre choix, se situait à quelques kilomètres de la frontière serbe.

Nous avons vécu ce jour là notre premier passage hors de la zone européenne… Accueillis tour à tour par deux douaniers peu commodes et une espèce de pouffiasse déguisée en douanière, cette traversée nous donnait l’impression d’être deux malfrats très louches, alors que plus haut sur un balcon deux tourtereaux en uniformes se tordaient de rire sans prêter la moindre attention à ce qui pouvait se passer sous leurs pieds. Chassés par deux autres douaniers (on ne rigole pas aux frontières) nous avons dû marcher un ou deux kilomètres pour atteindre une station service, l’oasis des auto-stoppeurs.

Une fois de plus la chance nous a sourit lorsque nous avons été pris par Adam, un camionneur turc.

Cet homme là était une vraie leçon d’humanité (ce qui semble d’ailleurs caractériser la plupart des camionneurs turcs comme nous le découvrirons par la suite), une gentillesse et une générosité qui ne s’inventent pas, même Ghandi en aurait pleuré. Il nous a installé comme des princes dans son camion, nous offrait des cigarettes à tour de bras (le cancer du poumon doit être la seconde cause mortalité chez les chauffeurs de camion après les accidents de la route), il nous a payé un café et a même été jusqu’à nous inviter à manger : un resto routier aux abords de Belgrade, bouge dégueux et enfumé où notre arrivée et surtout la mienne je crois a fait grande impression. C’est là que nous avons bû notre premier café turc-serbe-grec du voyage, à déguster avec un petit loukoum rose entre chaque gorgée. Avant de le quitter nous avons quand même voulu comprendre ce qui nous valait tant de générosité, et Adam de nous répondre avec ses quatre mots d’anglais : « You people, you people, me people, all the same, so… ». Sur ce, il nous a posé près d’un péage en nous glissant quelques billets dans la poche (l’équivalent de 3euros) « pour le taxi », avant de repartir.

Il y a quand même un truc avec les chauffeurs de camion, c’est qu’ils sont complètement nuls en matière d’approximation des distances. Si nous n’avions pas opté pour notre option favorite, nous n’aurions pas été pris en stop par Yvan et nous aurions marché 10kms au lieu de 1km annoncé…

Enfin, tout allait pour le mieux, et nous débarquions à Belgrade au son de « Should I stay or should I go ».

De manière générale, notre séjour dans la capitale serbe fut partagé entre les bons moments et les épisodes malheureux qui survenaient à chaque fois que nous mettions un pied hors de l’appartement…

Notre arrivée rien qu’elle fut assez déplorable, il nous a fallut pas moins de deux heures pour trouver une rue que personne, et je dis bien que PERSONNE ne connaissait et ce malgré les indications de notre hôte qui a fini par venir nous chercher.

Le deuxième jour nous sommes sortis en oubliant argent et cartes bleues. Aucune foutue banque n’acceptait de changer les szlotis que j’avais encore sur moi et, le temps de prendre le bus et de rentrer à la maison, tout le monde était parti. Nous avons passé la journée à errer comme deux âmes en peine avant de nous échouer lamentablement sur un trottoir pour manger des sandwichs aux chips.

Le troisième jour nous avons cherché en vain un restaurant, il semblerait que les serbes soient plutôt adeptes du take-away au vu du nombre d’échoppes du genre écrasant de leurs nombres l’absence quasi totale de resto bon marché. Nous avons quand même eu l’occasion ce jour là de manger un börek, chose grasse et délicieuse qui ne se trouve pas en France je crois et c’est fort dommage.

Une chose remarquable en Serbie, c’est le comportement des gens dans les transports en commun. Vous pouvez être vieux, boiteux, handicapé, enceinte jusqu’aux yeux, les deux jambes dans le plâtre ou vous écrouler par terre d’épuisement, personne ne vous cédera sa place. Et si vous avez le malheur d’être tout cela en même temps attendez vous à vous faire piétiner par ceux qui voudraient entrer dans le bus. A la guerre comme à la guerre.

Mis à part ça, les rumeurs comme quoi les serbes sont des sauvages qui vous butent, vous violent, vous dépouillent et vous prennent vos organes pour les revendre sont parfaitement infondées. La guerre encore proche aura certes marquée les esprits de beaucoup, comme ce jeune qui est entré dans l’armée pour ne pas être la risée de toute la famille, mais à part ça…

Le serbe est gentil, il est souriant et accueillant, ilest même rigolo et il sait faire la fête. C’est ainsi que nous avons passé quatre jours à picoler, entouré en moyenne d’une demi douzaine de gais lurons, dans une ambiance franchouillarde, au milieu d’un appartement sale et poussiéreux.

Je vous passerais les détails ils sont nombreux mais sachez en tout cas qu’au cours d’une de ces soirée nous avons vécu notre premier tremblement de terre qui a malheureusement, nous l’avons su plus tard sinon nous n’aurions pas ri, fait beaucoup de dégâts dans le centre du pays.

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